L’humain est en conflit interne permanent


 

Il peut nous arriver de ne pas savoir ce que l’on veut, de ne pas nous comprendre, et d’avoir la sensation d’être en contradiction permanente avec nous-mêmes.

Mais quels phénomènes psychologiques pourraient expliquer cela ?

 

1.L’ambivalence

L’ambivalence peut être définie comme l’existence chez une même personne de deux sentiments ou pensées opposés à propos d’une seule chose. Par exemple, on peut ressentir à la fois de l’amour et de la haine envers une autre personne. On peut avoir envie de changement tout en ayant peur de celui-ci. C’est un phénomène humain et tout à fait normal. Cependant, lorsqu’il devient trop présent et source de souffrance, cela peut être pathologique et peut provenir d’un trouble qui nécessite d’être traité.

2.Les instances psychiques

le Ça, le Moi et le Surmoi constituent les trois instances psychiques. Le Ça cherche la satisfaction immédiate de nos désirs et de nos pulsions : « Je veux ». Le Surmoi, lui, représente les interdits, les règles et les exigences morales intériorisées : « Je ne devrais pas ». Entre les deux, le Moi tente de trouver un compromis en tenant compte de la réalité. Une part de nous peut donc désirer quelque chose tandis qu’une autre nous l’interdit, créant une tension intérieure parfois difficile à résoudre. Ainsi, le fonctionnement psychique peut être traversé par des conflits entre ce que nous désirons, ce que nous nous autorisons et ce que la réalité nous permet.

3.Les deux types de pulsion

L’être humain serait animé par la pulsion de vie et la pulsion de mort. Une volonté de vivre en opposition à une envie de mourir. En effet, il semblerait que nous ayons des tendances à la création qui se heurtent à celles de la destruction, et ce, de façon permanente. La pulsion de vie se rapporterait plutôt aux tendances à lier, créer, conserver et reproduire, notamment aux pulsions sexuelles et au sentiment d’amour. À l’inverse, la pulsion de mort peut notamment se rapprocher de la tendance à délier, réduire, détruire, et donc aux pulsions agressives, et au sentiment de haine. Ces pulsions primitives seraient actives tout au long de notre vie et entraveraient par nature cet idéal de bonheur tant recherché. Ainsi, la vie consisterait plutôt à trouver un équilibre entre ces deux pulsions, plutôt qu’à rechercher un bonheur plein et fantasmatique.

4.Le symptôme

Le symptôme peut être compris comme une formation qui exprime et tente de résoudre un conflit psychique. Ainsi un symptôme est souvent source de souffrance, mais apporte également un bénéfice inconscient. Par exemple, chez une personne qui souffre de crises d’angoisse, les crises d’angoisse elles-mêmes peuvent la faire souffrir, elle peut souhaiter sincèrement que celles-ci s’arrêtent, et en même temps, ces mêmes crises d’angoisse peuvent inconsciemment lui permettre d’éviter des situations qu’elle perçoit comme désagréables.

5.La répétition des schémas

Nous sommes tous amenés à répéter certains schémas. Ce qui parfois peut s’avérer être problématique, pourtant, même lorsque c’est le cas et que nous en sommes conscients, il arrive que nous continuions malgré tout à répéter la même chose. Ceci s’explique également par une ambivalence profonde : une part de nous cherche le changement, tandis que l’autre reste attachée à des modes de fonctionnement anciens, car même si nous les reconnaissons comme problématiques, ils peuvent nous être familiers et sécurisants. Nous pouvons, plus souvent qu’on ne le pense, préférer un inconfort familier à un confort inconnu. Et c’est ainsi que paradoxalement, l’inconfort de la familiarité devient plus confortable et le confort de l’inconnu devient plus inconfortable.

 

Si vous avez le sentiment d’être en lutte permanente avec vous-même, que vous en souffrez, ou que vous souhaitez en parler, n’hésitez pas à consulter.

Freud, S. (1912-1913). Totem et tabou : quelques concordances dans la vie d’âme des sauvages et des névrosés. In Œuvres complètes, XI : 1911-1913. Paris : Presses Universitaires de France, 1998.

Freud, S. (1914). « Remémoration, répétition et perlaboration ». In La technique psychanalytique. Paris : Presses Universitaires de France, 1981, p. 104-115.

Freud, S. (1920). « Au-delà du principe de plaisir ». In Œuvres complètes, XV : 1916-1920. Paris : Presses Universitaires de France, 1996, p. 273-338.

Freud, S. (1923). Le Moi et le Ça. Paris : Presses Universitaires de France, 1981.

Freud, S. (1926). Inhibition, symptôme et angoisse. Paris : Presses Universitaires de France, 1990.

Laplanche, J., & Pontalis, J.-B. (1967). Vocabulaire de la psychanalyse. Paris : Presses Universitaires de France.


Ambre Derrien

Psychologue clinicienne et psychothérapeute pour adultes à Baillargues et en Téléconsultation.

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