L’être humain est-il fondamentalement triste ?
Beaucoup d’entre nous ont l’impression d’être souvent tristes ou négatifs…
1.Le biais de négativité
Le cerveau tend a accorder d’avantage d’attention et de poids aux évènements négatifs qu’aux évènements positifs de même intensité. Ce phénomène est connu sous le nom de « biais de négativité ». Ce serait en fait un mécanisme de survie. En effet, si une personne complimente votre coupe de cheveux, mais critique votre style vestimentaire, il y a des chances pour que la critique vous impacte plus que le compliment. Et ce pour une raison simple : afin de mieux s’adapter à son environnement. En effet, à une époque, si vous n’étiez pas approuvé par le groupe et que celui-ci vous rejetait, vous aviez moins de chance de survivre tout seul dans la nature. Dans l’idée, prendre en compte la critique permettrait de nous ajuster afin de pouvoir survivre auprès du groupe.
2.Les ruminations
Lorsque nous ne sommes pas concentrés sur une tâche, le cerveau tend à ruminer. Initialement, la rumination n’est pas un dysfonctionnement : c’est une stratégie mentale. Le cerveau se dirait inconsciemment : « si je réfléchis encore à ce problème, je finirai par le résoudre. » Cependant, tout problème n’a pas nécessairement de solution dans l’immédiat. Ainsi, la pensée tourne en boucle. Et c’est la fréquence, la durée, l’intensité des ruminations, et la souffrance qu’elle cause, qui en fait quelque chose de « dysfonctionnel ».
3.Les problèmes non résolus
Les tâches inachevées restent plus présentes dans la mémoire que celles qui sont terminées. Cela s’appelle l’effet Zeigarnik. Les objectifs non atteints, resteraient actifs dans la mémoire de travail et continuerait d’attirer notre attention, un peu comme une notification sur son téléphone, ou une tâche non cochée dans sa to do list. C’est l’état de tension créé par cette tâche inachevée qui motiverait l’action. Cette tension serait apaisée seulement lorsque la tâche est terminée et que le cerveau clôt le dossier.
4.Les émotions négatives prennent plus de place
Alors qu’une émotion agréable est plus facilement acceptée et traitée par le cerveau, une émotion désagréable génère plus de pensées et prend donc plus de place dans nos têtes. Car nous avons tendance à questionner ce qui l’a déclenché afin d’y trouver un sens et de pouvoir éviter que cela ne se reproduise : pourquoi cela m’est-il arrivé ? Qu’aurais-je dû faire ? Est-ce que cela va recommencer ?
5.La familiarité à la tristesse
Lorsque l’on a eu un passé difficile, teinté de tristesse, continuer de la ressentir même dans un présent qui pourrait être satisfaisant, peut être rassurant. Nous préférons souvent ce que l’on connait, à ce qui nous est inconnu, notamment en terme d’émotions, et même si celles-ci sont désagréables ou source de souffrance. Car ce qui est prévisible tend à rassurer. Ainsi, un confort négatif est souvent automatiquement préférable par le cerveau qu’un inconfort positif.
6.L’être humain n’est pas fondamentalement triste
L’être humain n’est pas fondamentalement triste. En revanche, il serait biologiquement programmé pour accorder davantage d’importance aux expériences négatives. Cette sensibilité héritée de l’évolution favorise la survie et la résolution de problèmes mais peut donner l’impression que la tristesse constitue notre état naturel.
Ainsi le cerveau ne cherche pas le négatif pour le négatif, il cherche à détecter ce qui pourrait représenter une menace et nécessiter une adaptation afin de survivre. Son raisonnent pourrait être le suivant : une émotion désagréable est plus susceptible d’être déclenchée par un évènement qui menace notre sécurité qu’une émotion agréable.
Cependant, nous vivons aujourd’hui dans un environnement où la plupart des situations que notre cerveau interprète comme importantes ne mettent plus directement notre survie en jeu. Pour reprendre notre exemple, si une personne n’aime pas notre tenue vestimentaire, même si notre bien être mental dépend de l’appartenance à un groupe, nous risquons moins de ne pas survivre si nous sommes rejeté par un groupe de pairs.
La psychologie positive, dont le but n’est pas de nier le négatif, mais de laisser plus de place au positif, permet de prendre conscience de tout cela et notamment de rediriger notre attention afin que les expériences positives ne soient plus systématiquement éclipsées par les négatives. Prendre davantage conscience d’une émotion positive ressentie, ou ressentir de la gratitude vis à vis d’elle permet de donner autant de place au positif qu’au négatif.
